L' église de Périgneux est certainement le plus ancien édifice de la commune. La première mention du village date de 984 "Ecclesia de Padriniaco". Ce terme fait référence à une église qui n' est, bien sûr, pas celle dont il est question ici. Deux testaments datant de 1382 indiquent qu' il y avait deux églises à Périgneux, l' une sous le vocable de Saint Georges, l' autre sous celui de Saint Jean Baptiste. On ne connaît pas l' emplacement de la première; la seconde est celle que vous allez visiter maintenant ou plutôt sa  version évolutive, car sa première construction pourrait dater du XI ème siècle, et non pas du XVI ème comme on a l' habitude de le dire.
Le clocher
Il est cependant difficile d' être aussi catégorique sur la datation. En fait, au XVI ème siècle une très importante campagne de transformation de l' église a été menée (agrandissement, décoration construction du clocher) Le clocher se trouve en façade. Il est flanqué de lourds contreforts surmontés de pinacles percés de fenêtres à meneaux, couronné d' un chemin de ronde bordé d' une balustre à jour d' ou s' échappe une échauguette permettant l' accès à la base de la flèche. Aux angles, la balustre est ornée de têtes sculptées placées comme des gargouilles, mais le temps les a rendues informes. On voit quelques autres gargouilles aux étages inférieurs.
D' une manière générale, cet édifice est pauvre en sculptures. D' une part, le granit est un matériau difficile à travailler, d' autre part, les artisans locaux qui ont vraisemblablement construit l' église ne maîtrisaient sans doute pas les techniques de la sculpture.
Le clocher renferme quatre cloches. La plus ancienne date de 1576 et pèse 2 tonnes. Elle est donc contemporaine de la construction du clocher. Elle comporte une inscription en latin que l' on peut traduire ainsi : "Louez le Seigneur, cloches retentissantes ! Je suis la voix qui crie : De la foudre, de la gelée et de l' orage défendez nous Seigneur. Saint Jean-Baptiste priez pour nous." Les trois autres sont datées de 1887, l' une pèse 800 kg et porte le nom d' Elisabeth. Les deux autres
pèsent 500 kg chacune et se nomment Marie Amélie et Marie Mélanie, prénoms de leurs marraines.
Le parvis
Il manque vraisemblablement des sculptures dans le tympan : au dessus du portail on ne voit qu' un grand vide. Deux pilastres encadrent cette ouverture et semblent indiquer qu' il existait un auvent sur le parvis.
L' habitude de situer la construction de l' église à la fin du XV ème et au début du XVI ème siècle tient à la présence de deux inscriptions.
La première située sur la façade principale du clocher, à gauche en entrant, indique en lettres gothiques :
L'AN MIL VC ET
V A ESTE FET LE
CLOCHER LE BLE CE
VENDET IX GROS
L' an 1505 a été fait le clocher. Le blé se vendait 9 gros
Cette inscription, aujourd'hui presque effacée, nous donne donc deux renseignements : la date de construction du clocher et le cours du blé à l' époque.
Le gros était une mesure représentant un huitième d' once et valant 15 deniers. Si l' on mentionne le cours du blé cette année là, c' est qu' il y a eu une grave famine dans le Forez. Le prix du blé était donc excessif et on a sans doute jugé important d' en conserver le souvenir.
On trouve trace, dans l' histoire de France, de cette disette et des aumônes faites par Anne de France, fille aînée de Louis XI, à cette occasion.
La deuxième inscription se trouve sur sur le montant gauche du porche. C' est une simple date : 1574. On considère qu' il s' agit de l' année d' achèvement des travaux. Une interrogation se pose à propos de cette Inscription : elle est rédigée en chiffres arabes, ce qui est plutôt rare pour l' époque.
Sur la partie droite de la façade se trouve une horloge. La première, installée en 1861, était l' oeuvre de Honoré Morel, horloger à Morz (Jura) et avait coûté 700 francs à la commune.
Entrons à présent dans le bâtiment.
L' intérieur
Vers le XI ème siècle, époque de la première construction, l' église se présentait vraisemblablement sous la forme d' une nef unique prolongée par un choeur. On ajoutera plus tard (début XIV ème) le collatéral nord et quelques décennies plus tard le collatéral sud. Enfin, au XIX ème on ajouta (ou restaura ?) de petites chapelles dans le prolongement de chaque collatéral.
Tout comme l' extérieur, l' intérieur de l' édifice a été profondément modifié au XVI ème siècle. A cette époque, on a construit le clocher et on a allongé l' église vers l' ouest. On peut supposer aussi que l' on a surélevé le plafond de la nef. Il est probable que la nef de l' église primitive était voûtée en berceau (style roman) et même qu' elle possédait une charpente en bois. Or la voûte que l' on observe aujourd'hui est de style gothique.
On peut remarquer que les arcs sont variés dans leur forme : ils sont probablement le fruit du travail d' ouvriers différents, à la technique plus ou moins efficace.
La décoration
Fresques et peintures
Avant les travaux de restauration qui ont commencé en 1994, les murs étaient recouverts d' un enduit gris souligné par des lignes rouges imitant un appareillage de pierres. Le chantier a révélé que plusieurs couches de décors avaient été superposées les unes au dessus des autres. Il a donc fallu faire un choix artistique afin de conserver ceux qui semblaient les plus intéressant. La décision prise fut de garder un "échantillon" de chaque époque. C' est pourquoi nous trouvons des décorations allant du XIV ème au XVIII ème siècle et de deux types différents :

- des fresques, on peut en voir deux dans le choeur.

- des peintures murales faites sur murs secs.

Celle que l' on pourrait qualifier de plus spectaculaire, car elle est de grande taille, ce qui est assez rare, se trouve sur un pilier à droite de la nef. Elle représente trois personnages : un homme, une femme et un personnage plus petit, sans doute un enfant.
Grâce aux costumes portés par les personnages, on peut dater cette peinture du deuxième quart du XVI ème siècle. On pense qu' il pourrait s' agir de personnages ayant financé l' agrandissement et la décoration de l' église. Peut être les seigneurs de Miribel, qui appartenait à l' époque à la famille Saint-Pol de Vassalieu.
Le Christ de la nef
Il a été peint à plusieurs reprises. C' est la couche la plus récente que l' on voit aujourd'hui. La première révèle un Christ de couleur noire. Le mystère réside dans le fait que cette couleur correspond généralement à un choix artistique antérieur au XVIII ème siècle alors que la facture de cette oeuvre est du XIX ème ce qui rend difficile la datation de cette sculpture.
Les vitraux
Tous les vitraux de l' église St-Jean-Baptiste datent de la seconde moitié du XIX ème siècle. On suppose qu' auparavant les ouvertures portaient seulement de simples verrières.
Vitrail au dessus du grand tambour
Représentation du baptême du Christ. Au moment où Saint-Jean Baptiste baptise le Christ le Saint-Esprit apparaît sous forme d' une colombe, tandis que la voix de Dieu se fait entendre : « celui-ci est mon fils bien-aimé ». Cette évocation trouve naturellement sa place ici placée sous le vocable de l' église.
Ensuite, sur le collatéral nord, 3 autres vitraux :
Saint Charles Borromée
Prélat italien du XVI s., représenté ici en tenue de cardinal. Artisan de la Réforme catholique il rétablit la discipline afin de réformer les abus de l' Église; il est canonisé en 1610 par le pape Paul V Vitrail signé de Bégule* datant de 1885.
Saint Louis
Louis IX (canonisé par l' Église catholique en 1297), en habits royaux, porte pieusement à la main droite la sainte couronne d' épines. Il meurt pendant la 8 ème croisade. Il développa la justice royale Don de Joseph Couchet en 1884.
Sainte Anne
La mère de la Vierge Marie était de la tribu de Judas et de la lignée royale de David. Anne et Joachim, son époux, étaient riches et possédaient de grands troupeaux. Ils menaient une vie sainte, mais malgré leurs prières ferventes, n' avaient malheureusement pas d' enfant. C' était pour les Juifs la pire des malédictions.
Enfin, après bien des prières et des humiliations, ils sont exaucés : Marie, mère de Dieu est conçue et sa conception est immaculée. C' est la patronne des mères chrétiennes : elle tient à la main un rouleau sur lequel est écrit « Honora patrem et matrem » (tu honoreras ton père et ta mère) pour apprendre à lire à la Vierge enfant.
Verrière centrale
Elle représente Jésus enseignant à la foule. Le rouleau des Écritures en main, il prêche à une foule symbolisée par un jeune homme, une mère et son enfant, un vieillard et un homme d' âge mûr; son attitude est majestueuse.
Vitrail réalisé à Lyon en 1866. Don de Mme Latour.
Verrière de droite
Saint-Jean l’ évangéliste : une main prête à écrire et un livre sur lequel on peut lire « et verbum caro factum
est, et habitavit in nobis » (« et le verbe s’ est fait chair, et Il a habité parmi nous »).
A ses pieds, 2 médaillons qui contiennent les bustes de Saint-Pothin et Saint-Irénée en tenue épiscopale.
Saint Pothin : c’ est le 1 er évêque de Lyon et de Gaule. Arrivé de Smyrne vers 140, disciple de Saint-Polycarpe,
il apporta une image de la Vierge qui fut longtemps vénérée à Lyon. Il fut persécuté par Marc-Aurèle en 177
et Saint Irénée fut choisi pour le remplacer.
Saint Irénée : né en Asie mineure vers 130, il fut envoyé de Smyrne par Saint-Polycarpe pour aider Saint-Pothin.
C’ est le 2 ème évêque de Lyon et un des Pères de l' Eglise. Il meurt en martyr, persécuté en 202.
Don de M. Jean Avril.
Verrière de gauche
Représentation de Saint-Joseph. D’ une main, il tient un outil de charpentier, de l’ autre le lys fleuri, symbolisant
la pureté et la légende de ses fiançailles. On raconte en effet que trois jeunes gens aspiraient à épouser Marie ;
ils se présentèrent à elle et elle pria Dieu de lui désigner par un signe celui à qui elle devait donner sa main.
Une tige verte que tenait à la main un des prétendants, Joseph, fleurit subitement.
Au bas du vitrail, représentés en médaillon, les bustes des apôtres Saint-Pierre et Saint-Paul.
Don de M. J.Rony.
Ensuite, près de la chapelle de la Vierge, sur le collatéral sud, un vitrail illustre,
L' Annonciation
Puis, au dessus du petit tambour latéral, un double vitrail représentant Sainte Marie-Madeleine et
Sainte Catherine.
Vitrail réalisé en 1884 ; don de A. Michel.
Sainte Marie-Madeleine
Sainte Catherine
Catherine serait née vers 290 dans une famille noble d' Alexandrie, en Égypte. Dotée d' une grande intelligence,
elle acquit rapidement des connaissances qui la placèrent au niveau des plus grands poètes et philosophes du
moment. Une nuit, elle vit en songe le Christ et décida de lui consacrer sa vie, se considérant comme sa fiancée.
Dans la mythologie chrétienne, sa fin est narrée comme suit : l' empereur de Rome, Maximien, venu à Alexandrie,
y présidait une grande fête païenne. La jeune fille saisit cette occasion pour tenter de l' amener à se convertir au
christianisme, mais cela ne fit que soulever sa colère.
Pour la mettre à l' épreuve, il lui impose un débat philosophique avec cinquante savants, mais au grand dépit de
l' empereur, elle réussit à les convertir. Maximien les fait exécuter et pourtant propose le mariage à Catherine qui
refuse avec mépris. L' empereur ordonne alors de la faire torturer en usant d' une machine constituée de roues garnies
de pointes. Par un miracle divin, les roues se brisent sur son corps, et les pointes aveuglent les bourreaux.
Obstiné, Maximien ordonne alors qu' elle soit décapitée (novembre 307).
Elle apparaît en costume royal, s’ appuyant sur une roue ; elle est représentée avec l’ épée qui la décapita et la palme
des martyrs. Elle veille sur les confréries de jeunes filles.
Le vitrail suivant est un vitrail double : il reproduit une apparition du sacré cœur à
Sainte Marguerite - Marie Alacoque
C’ est un vitrail réalisé par Bégule*.

22 juillet 1647 : naissance en Bourgogne. Enfance chez sa marraine ; y apprend quelques bribes de catéchisme.
1655 : début de souffrances familiales ; est envoyée dans un couvent où elle étonne
par sa piété. : « Ô mon Dieu, je vous consacre ma pureté et vous fais vœu de perpétuelle chasteté ».
Après sa première communion, à l’ âge de neuf ans, elle pratique en secret des mortifications sévères de son
corps, avant que la paralysie ne la cloue au lit pendant quatre ans. Retournée dans sa famille, elle reste alitée
couverte de plaies.
1660 : À la fin de cette période, ayant fait le vœu à la Vierge de se consacrer à la vie religieuse,elle se serait
retrouvée guérie sur-le-champ.
1667 : Elle se décide à parler de son désir de vie religieuse.
1669 : Fait sa confirmation et adjoint par reconnaissance à son nom de baptême le prénom de Marie.
1671 : Elle visita plusieurs couvents, et en entrant dans celui de la Visitation de Paray-le-Monial (en Bourgogne)
une voix intérieure lui aurait dit : « C’ est ici que je te veux ». Le 25 mai 1671, à l' âge de 24 ans, elle entra au
monastère et, en novembre 1672, elle prononça ses vœux perpétuels. Peu après son entrée au monastère, elle
reçoit plusieurs apparitions privées du Christ, la plus célèbre étant celle de juin 1675 au cours de laquelle le Christ
lui révèle son cœur divin "Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, [...] jusqu’ à s’ épuiser et se consommer pour leur
témoigner son amour..." et lui demande que soit instauré la fête du Sacré-Cœur, un culte public. Le Sacré-Cœur est
une dévotion consacrée au cœur physique de Jésus- Christ qui ainsi incarne l’ amour divin pour l’ humanité.
Le Sacré-Cœur est souvent représenté sous la forme d’ un cœur enflammé brillant d’ une lumière divine, saignant car
ayant été percé par la lance du soldat romain Longinus, entouré d’ une couronne d’ épines et surmonté d’ une petite croix.
1686 : le monastère décide de fêter le Sacré-Cœur.
1690 : Elle meurt le 17 octobre. Ses restes reposent sous l' autel de la chapelle à Paray-le-Monial.
Ensuite, 2 autres vitraux jumelés :
Saint Isidore
Placé très jeune comme ouvrier agricole, il travaille pour plusieurs maîtres. Devant l' arrivée des Sarrazins,il fuit la région
de Madrid, et continue ailleurs son humble métier. On raconte qu' il est l' objet de la jalousie des autres ouvriers, qui l' accusent
de préférer prier plutôt que de travailler la terre comme eux. Toutefois, son dernier patron, Juan de Vargas, fait de lui son
régisseur. Ce dernier le guette pour vérifier les assertions des autres ouvriers : il le surprend en prière tandis que deux anges
poussent la charrue à sa place.
Ebloui, Juan de Vargas se convertit.
Parti d' Espagne, son culte s' est diffusé en Bretagne, en Franche-Comté et au Tyrol. Isidore a été canonisé en 1622 par le Pape
Grégoire XV. Il est le patron de Madrid. Mais aussi le protecteur des agriculteurs, des ouvriers journaliers et des charretiers.
Il est habituellement représenté armé d' un fléau ou d' une gerbe d' épis de blé. Il a aussi été représenté en habit du
XVII ème siècle, avec à ses pieds une charrue traînée par un ou plusieurs anges.
Saint  Roch
* Lucien Bégule est un maître verrier du XIX ème siècle ; il a crée des vitraux dans le quart sud-est de la France.
Cf. le site Internet qui lui est consacré sur www.begule.com
Documentation : "Périgneux aux pieds des Monts du soir" (Noëlle et Janine Rigaudon - Françoise et Christian Bettendorf - Nicole et Gérard Truchet).
Textes : Laurence Laprevotte - Sophie Reymondon - Jean-Louis Faure
Photographies : Antoine Rascle - Jean-Louis Faure - Yves-Marie Béghin
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