Les métiers

Commune à vocation essentiellement agricole, Périgneux à cependant connu une diversification de son activité avec l'exploitation des carrières de granit, dont nous parlons par ailleurs.

Si les métiers liés directement à l'agriculture, forgerons, charrons, existaient depuis toujours, l'essor des carrières entrainant une augmentation importante de la population a fait naître toute une activité commerciale.

Nous allons parler, dans cette page, des commerçants et artisans qui ont prospéré pendant des décennies dans notre commune.


Et, pour ce faire, quoi de mieux qu'une promenade à travers le village ?

Nous partons de l'entrée nord du village, face à la Mairie, et nous portons notre regard sur le côté droit de la rue.

Nous voici devant chez Emile Gagnaire, le charron.

Il construit d'abord son atelier, en 1929, puis sa maison quelques années plus tard.

Au fil des années, il y adjoindra un magasin dans lequel on trouvera graines, pointes, ficelle, piquets, ciment...

En 1963, c'est son fils, "le Jeannot" qui prend la suite. Il est aujourd'hui à la retraite et l'activité de charonnerie a disparu.

Le groupe d'immeubles, sous la flèche rouge, a aujourd'hui disparu.

On y trouvait un café - boucherie, la Maison Touron.

Des comptes de cet établissement, datant de 1899, on été retrouvé par un descendant.

Vers 1911, c'est Monsieur Pierre Dupré qui prend la suite. Son fils Benoît lui succédera quelques années plus tard.

Nous voici à présent devant ce qui fut le café - hôtel - restaurant Michalon.

Reputé pour la cuisine de la "Guiguite" il a accueilli de nombreux banquets et repas de noces. Des bals y ont aussi été organisés.

Dans les années 1920, c'est Daniel Michalon qui en est propriétaire, en plus de ses autres activités : agriculteur - entrepreneur de battage - bouilleur de cru...

Il fut aussi Maire de la commune en 1925. Son fils Antoine, le "Tatane" lui succédera et sera également Maire de Périgneux pendant 24 ans.


Juste à la suite de chez Michalon, nous trouvaons le café Pacalet.

Ce sont Marius et Marie Pacalet qui ouvrent ce café et leur fils Adrien prendra la succéssion.

Lui aussi à d'autres cordes à son arc... Il est également agriculteur mais surtout débardeur.

Il lui arrivera de partir travailler dans les Landes avec ses célébres boeufs et quelques employés.


Nous voyons ici Madame Pacalet devant son café.

Dans le prolongement des cafés Michalon et Pacalet, faisant l'angle de la place, nous arrivons devant l'épicerie Gay.

Après de nombreux changements de propriétaires, c'est l'un des seuls commerces encore en activité aujourd'hui dans le bourg.


Cette photo a été prise lors d'une vogue, sans doute dans les années 1950.

Et nous voici sur le plade de l'église, toujours pendant la vogue...

Le batiment à droite de la photo est aussi une épicerie. C'est "Nana" Nurol qui ouvre ce commerce. Clément et Marie lui succède.

A l'alimentation générale, Marie ajoute la vente d'articles de chasse et de pêche.

Clément, quant à lui, était aussi négociant en vins. Il avait un dépôt à Rabieux.

La maison que l'on voit sur la droite de la photo a été construite en 1920 à l'emplacement d'une ferme.

Elle abritait un commerce tenu par les demoiselles Couchet qui proposaient de la confection mais aussi de l'alimentation.

Sur cette photo, prise de la terrasse de l'hôtel Gay, on voit au second plan la boucherie - charcuterie Fressonnet.

C'est Auguste Fressonnet, le "Guste" qui ouvre ce commerce et le développe.

Il fera aussi des tournées dans les hameaux, un panier à chaque bras au début, puis avec un ane et une charette et enfin en camionette.

Beaucoup, parmi nos ainés, se souviennent des ses saucissons de montagne...

Derrière les arbres, à gauche de l'hôtel Gay, se trouvait un café - restaurant, tenu par Madame Jacques Porte.

La famille Laurent lui succédera.

Nous sommes à présent vers le fon de la place qui fait face à l'église.

Dans l'angle, à gauche de la croix, c'est le Café du Nord, tenu par la famille Avril.


Il sera détruit par un incendie vers 1920.


On voit ici les ruines du Café du Nord.

La grande maison, à gauche du café, derrière le monument aux morts, abritait l'étude notariale Couchet.

Sur le troisième côté de la place, voici encore une épicerie. Elle est tenue par la famille Michalon.

Elle deviendra par la suite un café, le Café du Commerce" puis, vers 1950, la famille Bufferme y ouvrira une succursale de la Coop.

Voici la Coop.

Le batiment à droite a été, de 1920 à 1925, une boucherie, tenue par Madame et Monsieur Lagniet avec Monsieur Joseph Ayel.

Vers 1935, la boucherie se transforme en café - hôtel par les soins de Monsieur Pierre Védrine qui tenait parallélement un négoce de produits agricoles.



Revenons maintenant dans la rue principale.

Sur la gauche de l'image, au premier plan, nous trouvons une épicerie. Elle est tenue par Madame Mélanie Chapuis.

Après avoir tenu le "Zanzibar", Madame Chapuis s'installe dans cette maison qui était la "Maison des Soeurs" et y ouvre une épicerie qui distribué les produits "Casino".

Au fond, derrière la voiture, une autre épicerie. Elle est tenue par Madame Chanut.


Continuons notre promenade à travers le bourg...

A droite de, la photo, au premier plan, voici le couvent des Soeurs Saint Joseph. Les religieuses y tinrent une école et un internat.

Après sa fermeture, les Soeurs contunuent à y être actives et y tiennent une cantine scolaire, des colonies de vacances, des cours de cuisine et de couture...

Et, bien sûr , les ainés des Pérignois se souviennent du célèbre Père Baudou et de son cinéma dont les séances se déroulaient ici...

Après le départ des religieuses plusieurs artisans ont occupé les locaux et notamment deux maréchaux - ferrant, Messieurs Barnier et Pompel.

C'est ici aussi que Monsieur Cessiecq débute, en 1953, comme artisan mécanicien. Il répare vélos et automobiles. Puis, quelques années plus tard, il rachète les autocars Granjon.

Il y avait une pompe à essence, face au garage, de l'autre côté de la rue.

Toujours à droite, la maison qui fait l'angle de la route de Saint-Bonnet était occupée par Monsieur Maisonneuve, négociant en vins.

Puis, à l'autre angle, le café de la "Lise" Pacalet.

Louis Pacalet était aubergiste et entrepositaire de bières.

Son fils Marius et son épouse Lise Gaillet prennet la suite. Après le décès de Marius, seulement 4 ou 5 ans après leur mariage, Lise continue seule.

Ceux qui l'ont connue disent qu'elle était excellente cuisinière et avait de nombreux pensionnaires.

Sur la gauche du café, dans le renfoncement, se trouvait un ferblantier, Monsieur Chapuis. Par la suite Monsieur et Madame Faure y on tenu une armurerie - quincaillerie.

Nous avons passé la route de Saint-Bonnet et nous voici à "La Conche".

Cette maison, le "clos de la Garache" était un café tenu, en 1911, par Monsieur et Madame Col, parents d'Adrien, une figure de notre village.

Après la famille Col, c'est la famille Reynaud qui le tiendra.



Revenons maintenant sur nos pas, vers notre point de départ.

La maison au premier plan était le café Roche - Clavier où les jeunes aimaient passer la soirée autour du billard et au son du phonographe.

Dans la maison suivante, Benoît Dupré crée une boucherie en 1925.

Elle est reprise pr Monsieur Wolf puis par la famille Mure en 1935.

Celle qui se trouve tout au fond sur la photo abritait le magasin de Monsieur Giry. Il vendait costumes et chemises.


Au premier plan, le café - tabac Giraudon.

On venait ici chercher les laisser passer pour l'eau de vie...

Le bâtiment suivant était celui des P.T.T.

A la suite, on distingue la pompe à essence du garage Cessiecq dont nous avons parlé plus haut.

Sur la gauche de cette photo, prise un jour de vogue, on peut voir l'enseigne "Modern' boucherie".

Ce magasin est créé par Joseph Giraudon en 1947.

Il tiendra conjointement le café dont nous parlons, ci-dessus, pendant une dizaine d'années.


On peut apercevoir, au fond à droite, un des autocars de Monsieur Cessiecq.

Faison un petit crochet sur la route de Chambles.

Nous trouvons, sur la droite, une boulangerie.

Beaucoup de boulangers s'y sont succédés. Le premier serait Monsieur Crépet, en 1929, lors de la construction de cette maison.

Ensuite Messieurs Morel, Pauget, Depalle.

Puis en 1953 arrivent Marcel et Jeanine Giraudon qui y restèrent jusqu'à leur retraite en 1988.

De l'autre côté de la rue, à quelques pas de la boulangerie, nous trouvons la maison de "La barbière".

A Périgneux, tout le monde connaissait "La barbière", Madame Barnier.

Son salon de coiffure était un peu... "spécial".

On y trouvais le coin cuisine, le lit, des caisses de bois pour alimenter le gros fourneau...

Quand l'hiver était rude, il lui arrivait de garder à coucher des enfants habitant des hameaux éloignés.

Son mari était carrier.

Nous reprenons la rue principale.

La maison à gauche de cette photo est celle de la famille Sailland qui arrive à Périgneux en 1835 pour y exercer le métier de maréchal - ferrant.

Après le décès du père de famille, sa veuve continue le métier quelques années avec l'aide d'ouvriers.

Puis un fils, Claudius, lui succède et l'autre fils, Camille, prend le relais en 1918. Son épouse, Catherine, était repaseuse.

A la place de la grande batisse, au premier plan, s'élevait une petite maison avec, au rez - de - chaussée, une boulangerie qui est détruite par un incendie vers 1929.

Au début des années 30, Claudius Berthet fait construire à cet emplacement une belle maison dans laquelle son épouse, Marie, qui est modiste, fera des chapeaux toutes sa vie avec sa soeur Jeanne.

Nous voici de retour sur la place de l'église, plus exactement sur le côté droit de l'église.

Au fond de l'impasse se trouvait une épicerie "Zanzibar" qui a été tenue succéssivement par plusieurs familles.

Mesdames Védrine, Chapuis, Monsieur Delorme et Madame Pauline Dupré.

La maison qui se trouve à droite de ce groupe abritait la boulangerie de Monsieur et Madame Rigaudon, en 1911.

Le couple la tint quelques années mais, suite au décès de Monsieur, sa veuve continuera le commerce pendant de nombreuses années.

La fille Rigaudon épousa Jean Casteletta qui était plâtrier, mais un peu l'homme à tout faire du village...

Ramoneur, sonneur de cloches, etc...


Voici l'épicerie Perrin - Avril. On trouvait de tout dans ce magasin...

Morue, mercerie, graines, fromages... Et aussi des appareils ménagers.

Monsieur Perrin  effectuait des tournées dans les villages, en plus de son travail d'électricien.

A la suite de l'épicerie, nous voyons l'horlogerie Couchet où l'on déposait les mécanismes à réparer.

On trouve encore aujourd'hui, dans de nombreuses familles pérignoises, de superbes pendules "oeil de boeuf" signées de cette horlogerie.

Plus loin, nous trouvons une cordonnerie. De 1911 à 1939 ce magasin a été tenu par Tonin Fournier. Puis vint  Jacoud Meynard.

Ce commerce était aussi un dépôt de presse ou l'on trouvait journaux et revues.

La maison après la cordonnerie est l'actuelle boulangerie Dupré.

Elle fut créée par Monsieur et Madame Joannés Faisandier. Ils furent remplacés en  1913 par Monsieur et Madame Marcellin Berthet.


Et nous voici de retour à notre point de départ.

En faisant ce parcours aujourd'hui on constate que la plus part de ces commerces a disparu. Et que bien des maisons qui les abritaient sont fermées, certaines depuis de nombreuses années.

Cette promenade nous a permi de les faire revivre le temps d'une visite et de rappeler, avec un peu de nostalgie, une époque à laquelle Périgneux était bien différent d'aujourd'hui.

Il ne reste à présent dans le bourg que deux boulangeries, une épicerie et un café - restaurant.

Faute d'emploi sur place ou à proximité, notre commune, comme beaucoup d'autres en milieu rural, devient un peu un "village dortoir"...

Mais pas pour autant un village mort, grâce aux nombreuses associations qui, tout au lond de l'année, organisent des animations toujours très réussies.


Textes : Odette Dupuy - Noëlle Rigaudon - Elie Menard

Photos :  Antoine Rascle - Yves-Marie Béghin - Collections privées.

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