Les carrières de Périgneux
Les temps lointains
Pierre dite "écuelle de Saint Martin"
Les maçons creusois
Depuis le Moyen âge, les maçons creusois sont connus pour être les meilleurs maçons de France ( on les retrouve pour la
construction des cathédrales et des monuments parisiens).
A la fin du 18ème siècle, quelques Creusois arrivent à Périgneux après 5 jours de marche. Maçons, tailleurs de pierre, ils
trouvent du travail à Périgneux et aux environs. Ils s'installent, se marient et achètent des terres. Les paysans de Périgneux
travaillent aussi dans les carrières.
Les descendants de Julien et Bathélémy Védrine, venus à la fin du 18ème siécle de leur village creusois possèdent
toujours une carrière au Suc de la Violette.
Parallélement au développement des carrières on assiste à la création du chemin de fer (4 octobre 1873) pour acheminer
de grandes quantités de bois pour les mines de Saint Etienne (le boisage des galeries de charbon) et transporter les pavés.
Un nouveau hameau prend de l'essor à Périgneux, c'est celui de La Gare avec un hôtel, des cafés, des épiciers, des
boulangers et des carriers bien sûr car une gare est construite pour recevoir le train qui dessert la ligne Bonson - Saint - Bonnet
Le - Château.
Les Italiens
Le 4 août 1914, c'est la guerre et la mobilisation générale va vider les carrières de ses ouvriers. Les hommes sont décimés
et les femmes doivent remplacer leurs maris. Ainsi Marguerite Védrine deviendra patron maîtresse carrier.
Après la guerre tout est à reconstruire et la France fait appel à une main d'oeuvre étrangère : des italiens venus de régions
très pauvres arrivent à Périgneux.
Certains vont rester et s'installer. Ils prendront la nationalité française . Dans les années 30, avec la crise économique et la
Limitation des étrangers dans l'industrie, d'autres rentreront en Italie.
Le travail du  carrier
Pendant que des carriers taillent des pavés ou des parements dans
le granit, d'autres vont détacher un nouveau bloc de la paroi afin
d'honorer une commande.
Un échafaudage rudimentaire est installé à l'aide de burins fixés dans
le rocher puis un carrier enfonce un petit burin de 50 cm sur lequel un
autre carrier vient frapper avec une masse.
Ceci doit permettre de trouver la fente afin d'éclater le rocher.
Le travail peut durer jusqu'à 10 heures en creusant 25 cm à l'heure.
Un carrier artificier vient mettre de la poudre noire dans le trou et un long
fil de mèche.
Un coup de corne puis deux coups préviennent les ouvriers de
l'explosion imminente.
Le bloc à terre est préparé pour être plus facilement utilisable.
Le carrier met des coins pour pouvoir briser la roche par éclats.
Avec un biseau et une massette, le carrier taille un moellon de
granit ou un pavé selon les commandes.
Il utilise aussi des bisets, des têtus.
Le déclin
En 1930, on compte 300 carriers à Périgneux.
Les pavés sont expédiés à Lille, Marseille, Paris, Chambéry, Lyon.
A la grande époque, un train transportera 800 000 pavés pour couvrir la rue des Alliés de Saint Etienne.
Peu à peu les machines remplacent les hommes et en 1969, il ne reste plus que 6 carriers répartis en 3 entreprises.
Témoignages du passé
Le site est grandiose et témoigne d'une intense activité humaine.
Les maisons, les murs, les parements dans certaines villes ont survécu au temps qui passe. La gare, la voie ferrée, les anciens
commerces sont autant de traces et souvenirs pour les gens du hameau qui ont vu l'évolution et les transformations de notre monde.
Textes : Extraits de la Fête de la pierre (septembre 2008).
Photographies : Antoine Rascle
#carrières Le patrimoine de Périgneux